Mangeons et buvons, car demain nous mourrons !

Vous serez peut-être étonné d'apprendre que cette sentence est tirée de la Bible. On la trouve une première fois dans l'Ancien Testament, énoncée par les habitants de Jérusalem. Cela se passait du temps d'Ezéchias, roi de Juda. La grande armée de Sanchérib, roi d'Assyrie, assiégeait Jérusalem ; humainement parlant la ville n'avait aucune possibilité d'échapper au massacre. Cependant, en réponse à la prière, et en une nuit, Dieu mit en déroute complète l'armée assyrienne. C'est alors que, rendus conscients de la fragilité de la vie, les habitants de Jérusalem se dirent l'un à l'autre:

Mangeons et buvons, car demain nous mourrons !

Et de se livrer à des réjouissances et à des beuveries.C'est avec blâme que le prophète Esaïe rapporte leur dicton. Mais ne devons-nous pas convenir qu'il résume la règle de vie de beaucoup. Sans doute la plupart n'aimeraient pas présenter cette philosophie de façon aussi directe, aussi nue, car sa grossièreté est alors trop évidente. Ils l'habillent donc de poésie : Cueillons dès aujourd'hui les roses de la vie, de latin Carpe diem , ou bien d'humour : Mangeons bien, nous mourrons gras... Cependant si la poésie, le latin ou l'humour divertissent agréablement, ils ne changent en rien le fond de ce comportement. Car il n'y a pas de différence essentielle de motivation entre le débauché qui, parce que la vie est courte, craint de manquer une occasion, et entre l'humaniste qui préfère jouir des arts, ou des sciences, ou des sports, ou des voyages. Certes les plaisirs recherchés sont plus ou moins honorables, mais le moteur reste le même : un égoïsme foncier.

Le caractère et la pensée de Dieu sont en opposition radicale avec cette conception de la vie. Le premier et le plus grand commandement est:

Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton coeur, de toute ton âme et de toute ta pensée.

Ce devoir, Dieu l'a gravé dans la conscience de l'homme. Personne donc n'a le droit pour s'y soustraire d'alléguer une différence de religion. Chacun sait, plus ou moins consciemment, que le but suprême de sa vie devrait être la recherche, non de sa satisfaction personnelle, mais de la gloire de Dieu. Le seul mobile acceptable aux yeux de Celui qui nous a créé à son image, le seul qui soit en harmonie avec sa nature, est l'amour que nous lui portons. C'est là le sens évident du premier commandement.

Peut-être pensez vous que tout ceci n'a de sens que si Dieu existe. Vous avez raison. Si Dieu n'existe pas tout est permis, comme a dit Dostoïevski. Satisfaire ses goûts personnels à n'importe quel prix est alors la conduite la plus rationnelle. Mais remarquez que les juifs de Jérusalem, qui eux avaient eu une preuve tangible de l'intervention de Dieu, ne changèrent pas pour autant de conduite.

Lorsque chacun repasse sa vie, il est rare que son attention ne soit pas attirée par quelque circonstance vraiment providentielle, par quelque délivrance inattendue, qu'il ne peut attribuer, s'il est honnête, qu'à la bonté de Dieu. Loin de s'opposer au bon sens, la foi pèse intelligemment les arguments avant de croire. Dans le Nouveau Testament, Paul s'exclame:

Si les morts ne ressuscitent pas, mangeons et buvons
car demain nous mourrons !

Oui, la déduction est sans faute mais les prémices sont fausses ajoute-t-il: les morts ressusciteront, cela est assuré. Jésus-Christ a mis en évidence l'immortalité par l'Evangile. Douter de sa résurrection ou la nier n'en change en rien la réalité.

D'autre part, il suffit de réfléchir un instant au caractère fondamentalement juste de Dieu pour comprendre la nécessité d'une résurrection. Comment récompenserait-il ceux qui ont fait le bien, ou punirait-il ceux qui ont fait le mal, s'ils étaient anéantis après leur mort ? Un incrédule mourant disait:

Ce n'est pas de la mort dont j'ai peur, mais de la résurrection.

Il y a selon l'enseignement véridique de la Parole de Dieu, deux résurrections: la première pour la vie éternelle, la seconde pour la honte éternelle. Jésus-Christ vous invite à prendre part à la première. Ce n'est point en la méritant que vous en serez jugé digne, mais en acceptant maintenant le pardon des péchés en son nom. A la croix, Jésus, le Fils de Dieu, a livré sa vie afin de pouvoir gracier quiconque croit en lui.

Telle est sa promesse:

Je suis la résurrection et la vie.

Celui qui croit en moi vivra, même s'il meurt.